Carib Creole :
Felicia Persaud, vous êtes le leader de la campagne Carib ID 2010. S’il vous plaît, expliquez-nous le but de cette campagne. FP : Bien qu'il y ait plusieurs façons pour une personne de s’identifier ethniquement sur le formulaire de recensement des Etats-Unis, ceux d'entre nous qui veulent s'identifier comme West Indians ou Caribéens ne le peuvent pas.
Nous sommes actuellement obligés de nous identifier dans d'autres catégories - Africain Américain, Asiatique American, ou par écrit, dans la case «autres». Même si des ressortissants des Caraïbes proviennent d'une région multiethnique, où le seul dénominateur commun qui fasse ressortir nos origines est « Caribéen» ou «West Indian». Cela nous semble discriminatoire et l'incapacité de précision d’identification des Caribéens a pour directe conséquence que ces derniers sont ignorés par les auteurs et les annonceurs. Nos préoccupations sont ignorées au niveau politique et notre communauté continue à faiblir et économiquement nous restons invisibles. Ce que nous voulons, c'est que nos propres origines fassent l’objet d’une catégorie sur le formulaire de recensement des Etats-Unis pour nous permettre de nous identifier et qu’on nous compte avec précision aux États-Unis.
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Pourquoi est-il si important pour les originaires des Caraïbes d'avoir leur propre catégorie sur le formulaire de recensement ? FP : La réalité est que, sans des nombres réels, la croissance de nos entreprises continuera à être bloquée et nous continuerons d'être invisibles et ignorés bien que nous soyons un grand bloc. C'est de la situation économique, sociale et de l’avenir politique de la communauté caribéenne aux États-Unis dont il s’agit. Il s’agit du respect de notre communauté. Si vous regardez l'élection présidentielle américaine de ce jour, aucune initiative n’a été prise spécifiquement en direction des Caribéens, contrairement à ce qui est fait pour la communauté hispanique qui ont combattu et a eu droit à sa propre catégorie dans les années 1970. Parce qu'ils sont capables de dire avec précisions combien ils sont et ont leur catégorie sur le formulaire de recensement, ils sont en mesure de commander le respect qu'ils méritent. Ainsi, avec des chiffres précis, il y a plus de visibilité sur la taille du marché hispanique que l’on peut cibler, alors que nous, Caribéens, faisons face à un certain rejet. Bien qu'il y ait ici un caribéen et des manifestations sportives, le marché caribéen reste assez nébuleux. Cela doit cesser.
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Avec une grande présence de la diaspora caribéenne aux États-Unis, pourquoi le gouvernement n'a toujours pas mis la catégorie «Caribbean/West Indian» sur le formulaire de recensement ? Quelque chose l’en empêche-t-il ?FP : Rien, mis à part le fait que personne n'ait vraiment demandé avant ni exercé de lobby pour cela. Le fait est que nous, dans la communauté caribéenne des États-Unis est que nous parlons beaucoup entre nous mais nous ne demandons pas suffisamment au pouvoir en place. Nous sommes heureux de poser et de prendre des photos avec de hauts dirigeants des États-Unis, mais quand il s'agit de voir plus loin, la vision devient floue. Un mois dédié à l’héritage caribéen-américain a vu le jour il ya trois ans mais les services du recensement affirment encore le recensement qu'ils n'ont pas connaissance de cela et les principaux médias des Etats-Unis n’en parlent pas ; contrairement à ce qui se passe avec les mois consacrés aux patrimoines hispaniques et asiatiques. Pourquoi? Parce que nous n'avons pas de chiffres précis. Nos dirigeants doivent être tenus pour responsables et regarder au-delà d’eux-mêmes et avoir de plus grands projets. Dès que la communauté caribéenne sera considérée comme un bloc important et viable, nous serons tous gagnants.
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Vous avez récemment déclaré : «Être visible en Amérique commence par se faire recenser». Qu'entendez-vous exactement par là ? FP: Les données du recensement influencent directement la manière dont plus de 300 milliards de dollar seront distribués dans l'Etat fédéral, ainsi que le financement alloué aux collectivités pour l'amélioration des quartiers, de la santé publique, l'éducation, le transport et beaucoup plus.
Les chiffres du recensement sont également utilisés pour répartir les sièges au Congrès pour définir les districts législateurs, l'affectation des zones scolaires et d'autres zones fonctionnelles importantes.
Le recensement est comme un instantané qui permet de définir qui nous sommes comme une nation. Les données sur les changements dans notre communauté sont essentielles pour de nombreuses décisions de planification, par exemple lors de la fourniture de services pour les personnes âgées, l'endroit où construire de nouvelles routes et les écoles, ou le lieu d'implantation de centres de formation.
Donc, si nous ne sommes pas comptés cela signifie que nous sont invisibles. En revanche, être comptabilisé signifie que vous êtes visibles et assure votre place à la table lorsque les 300 milliards de dollars seront partagés. Tous les Caribéens, d’où qu’ils soient, dirigeants communautaires, artistes, étudiants, chefs d’églises et les médias du paysage caribéen-américain ont besoin de comprendre et s'impliquer. Rejoignez ce mouvement comme ambassadeurs de la campagne CaribID et de dites simplement et avec force: «Levez-vous pour être comptés».
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Avez-vous des soutiens politiques et économiques pour cette campagne ? FP: Actuellement, nous dépensons notre propre argent sur cette campagne et n’avons pas encore reçu un réel soutien économique. Politiquement, le député Gregory Meeks bureau, qui a été très favorable nous aide à faire du lobby. La députée Barbara Lee a également manifesté de l’intérêt en présentant le projet de loi CARIBID ; la première étape pour en faire une réalité. Malheureusement, nous sommes toujours en attente de l'appui de la députée Yvette Clarke, représentante des Caribéens au Congrès américain, et qui aurait dû être l'un des leaders de cette initiative, mais à ce jour, elle n’a rien confirmé.
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Les gens, et en particulier les originaires des Caraïbes, comprennent-ils votre message ? Trouvent-ils la cause légitime ? FP : Plusieurs organisations et personnes, y compris les médias, ont compris l'importance de cette question et ont affirmé qu'ils supportent le combat parce qu'ils savent que le plus grand monstre qui nous empêche d’évoluer c’est l'impossibilité de nous compter avec précision et sans cela nous serons en grande partie rejeté. Le problème est qu'il existe de nombreux beaux parleurs mais quand il faut se mettre au travail, il n’en reste que très peu. Le carnaval vient de s'achever à Brooklyn et on a vu apparaître de nombreux hommes politiques, mais après, ils remontent à nous ignorer parce que trop de nos dirigeants sont impuissants et sont trop en retrait. Mais malgré les obstacles auxquels nous sommes confrontés, nous avons l'intention de marcher avec notre peu de soldats et de recueillir du soutien dans les salles du Congrès pour que cela devienne une réalité, car cela, l'avenir de notre bloc et l'avenir de nos enfants et de la région est voué à l'échec.
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Si le gouvernement répond positivement à votre demande, cela aidera-t-ils les caribéens-américains à avoir de plus fortes capacités de lobbying ? FP : Tout à fait ! Pour nous, cela signifie une plus grande attention des entreprises américaines et des forces politiques en place. Et aussi pouvoir profiter plus justement des 300 milliards de dollars. Mais surtout, être vu et considéré comme un important bloc va maintenant fournir un levier aux dirigeants régionaux qui viennent ici pour faire pression sur avec leur diaspora. Le fait que beaucoup de gouvernements régionaux viennent souvent ici et sont largement ignorés par le Président et les médias en dit long. CARIBID n'est pas le combat de Felicia Persaud, mais celui pour l'avenir de la communauté caribéenne et de ses enjeux.
Nous vous demandons à tous de passer le mot en devenant un ambassadeur et de soutenir le mouvement sur
www.caribid2010.com.