| |
MARIE-GALANTE, 8 septembre 2008, David Germy (correspondant de CaribCreole.com): Le «Collectif des socioprofessionnels des îles du sud »(Les Saintes, la Désirade et Marie-Galante), accompagnés des élus et parlementaires seront reçus aujourd'hui à Paris par un représentant du ministère des dernières colonies. Il s'agit pour «le Collectif » de faire part au gouvernement français de ses doléances, dans le cadre de son projet de «loi programme pour l'outre mer ». |
|
| |
Ce n'est même pas Michèle Alliot-Marie en personne qui recevra la délégation cari- guadeloupéenne, mais....son directeur adjoint de cabinet, Alexandre Jevakhoff! En tout cas, ces socioprofessionnels, très soucieux du développement et de la survie des îles du sud veulent se faire entendre. D'autant que leurs demandes formulées au préalable n'ont pas été prises en compte dans le projet de "loi programme pour l'outre mer" et que les solutions envisagées par le gouvernement français "ne permettront pas de résoudre la situation économique catastrophique de ces îles".
Les mesures préconisées par l'Etat Français lors du conseil des ministres du 28 Juillet dernier sont entre autres : - La création de zones franches globales d'activité, aux seuls secteurs à forte valeur ajoutée et créateurs d'emplois durables. - Des exonérations fiscales générales portées à 80% pour les secteurs reconnus comme prioritaires et dans des zones connaissant des handicaps structurels.
Or, selon le collectif, seule une dizaine de TPE (Très Petite Entreprises) sur plus de 1200 entreprises des îles du sud bénéficieront des nouveaux dispositifs de la loi programme. Des îles éclatées et déshéritées qui comptent moins de 20 000 habitants, avec un tissu économique ne comportant que des agriculteurs, des artisans, quelques marins pêcheurs, des micro-entreprises de service et des commerçants.
Cette rencontre avec les techniciens du ministre de l'intérieur est, selon Philippe Bavarday, porte parole du collectif des socioprofessionnels, "l'occasion d'ajuster cette loi, avant son vote définitif par les parlementaires, pour qu'elle nous donne entière satisfaction et pour qu'elle puisse relancer la création d'emploi et le repeuplement de ces îles". Parler d'une seule et même voix, c'est l'objectif que se sont, semble t-il, fixé les socioprofessionnels et les élus des îles du sud.
Mardi dernier, chefs d'entreprises et politiques Marie-Galantaise se sont réunis au local de la Communauté des Communes de Marie-Galante et le lendemain ceux de la Désirade et des Saintes se sont rencontrés à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Pointe-à-Pitre. Ensemble, ils ont élaboré un "plan Marshal" en neuf points : 1. L'éligibilité au dispositif ZFGA (zones franches globales d'activités) à 100% dans la limite d'un plafond fixé à 150 000 Euros par an du bénéfice imposable de toutes les entreprises placées sur le territoire des îles du sud, quel que soit le secteur d'activité. 2. La réduction de la base de la taxe professionnelle à 100% dans la limite d'un plafond de 50 000 Euros par an. 3. L'exonération, compensée par l'Etat, de TFPNB en faveur des exploitations agricoles dont la superficie est inférieure à 100 ha pondéres. 4. L'ajout des entreprises de santé dans les secteurs, dits du "troisième étage 100%" 5. La mise en place d'une aide permettant le maintien et l'accroissement de la population qui peut être proposée par l'augmentation de l'abattement "DOM" en le passant de 30% à 60%. 6. La suppression de la TVA (comme en Guyane et les Iles du Nord...) afin de compenser les surcoûts de double ou triple insularité pour les consommateurs. 7. L a mise en place d'un moratoire sur dix ans, pour l'apurement des dettes fiscales et sociales des entreprises en difficulté, et l'arrêt immédiat des poursuites par les organismes sociaux et fiscaux. 8. L'exonération des charges patronales à concurrence de 4 fois le SMIC afin de favoriser l'embauche de personnel de haute qualification. 9. L'octroi aux différentes communes des îles du sud d'un budget afin de permettre l'application de la loi n° 2003-710 du 01 Août 2003 d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine. «C'est aujourd'hui qu'il faut agir», s'accordent à dire les élus, «si nous voulons éviter la mort lente et la dévitalisation dans lesquelles nous nous trouvons hélas engagés». En ce sens les élus de Marie-Galante approuvent cette démarche qui vise à obtenir l'éligibilité au dispositif ZFGA de toutes les entreprises des îles du sud. Cependant ils appellent à une réflexion plus stratégique sur l'avenir de Marie-Galante. Cette réflexion, disent-ils, devrait pouvoir s'intégrer dans la gestion du P.O et dans les orientations du Schéma d'Aménagement Régional : «Nous souhaitons ouvrir le débat sur les questions suivantes: La reconversion économique de l'île, l'instauration de la continuité territoriale inter-archipel, la mise en place d'une DGF de double insularité, le nouveau contrat de pays, les mesures de sauvetage de l'économie (moratoire sur les dettes fiscales et sociales, plan spécifique de formation professionnelle, modalités de mise en place de la ZFGA...)». |
|