
Plusieurs milliers de sympathisants, amis, parents, artistes, membres de la presse et élus locaux ont rendu un dernier hommage aux 4 disparus du groupe Barikad Crew, à un ami du groupe, qui ont tous péri dans un tragique accident sur la route de l'aéroport, le dimanche 15 juin et à la fiancée de leader du groupe, qui s’était suicidée 24 heures après l’annonce du drame.
Le célébrant principal, le père David César, dans son homélie a salué la mémoire des cinq jeunes disparus, et aussi celle de la fiancée de K’tafalk. A chaque parole prononcée par le Révérend David César, la foule a répondu par des applaudissements. Il a souhaité que le travail initié par le groupe de jeunes se poursuivre.
« Goumen pou saw kwè », a-t-il lancé à plusieurs reprises, comme pour rependre le slogan du groupe.
Très apprécié par la jeunesse et par beaucoup d'autres personnes dans la société haïtienne, le groupe Barikad Crew portait déjà le chapeau des nouveaux leaders du rap kreyol haitien. Plusieurs sujets: égalité sociale, chômage, protection de l'environnement, lutte contre le sida, respect de la femme... sont traités dans leurs chansons diffusées sur presque toutes les stations de radio de Port-au-Prince depuis l'annonce du drame.
Les mots manquaient pour exprimer cette pour la musique haïtienne, particulièrement dans le rap kreyol. Plusieurs milliers de jeunes sympathisants venus de différentes banlieues de la capitale haïtienne s'étaient vêtus de t-shirts blancs et de mouchoirs rouges, couleurs du groupe, en guise de solidarité aux autres membres du crew.
"En regardant les 6 cercueils alignés, la douleur est plus grande qu'en apprenant la nouvelle de la mort de ces jeunes gens" a déclaré une jeune fille, admiratrice du groupe, venue de carrefour, banlieue sud de Port-au-Prince, pour rendre un dernier hommage a ses idoles.
Plusieurs personnes ont du être évacuées du lieu ou se déroulaient les funérailles après s'être évanouies. Les membres de la Croix-Rouge, les brigadiers de l'Action civique, et la police ont tout fait pour empêcher que la situation ne se dégénère pas. Les évanouissements se faisaient en série. Hommes, femmes, enfants, ils étaient tous inconsolables.