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Elle se prénommait Sandra, elle portait fièrement ses 36 ans. Dimanche dernier, dans la ville cariguadeloupéenne de Petit-Bourg, Sandra a perdu la vie. Assassinée, pire exécutée lâchement par son ex compagnon. Ce dernier n’avait jamais accepté leur rupture. Ils sont nombreux les Cariguadeloupéens à demander si ce crime odieux et gratuit aurait pu être évité. Oui, répondent tous ceux qui depuis des mois savaient que la jeune femme vivait l’enfer au quotidien. Souvent violentée, régulièrement harcelée, sans relâche, poursuivie, et menacée par un amant irascible et bestial. Pourtant, à plusieurs reprises, Sandra s’était rendue dans les officines de ces militaires appelés «gendarmes» en charge de la protection des citoyennes, qui comme Sandra sont victimes de violences d’hommes que la haine égare. |
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Il est aujourd’hui établi qu’à la suite d’une des plaintes de Sandra, l’assassin présumé avait été incarcéré trois mois durant. Sa peine purgée, l’homme avait quitté la prison, et Sandra eut encore à endurer des violences, jusqu'à ce dimanche après-midi fatal. Il est clair que tout n’a pas été entrepris pour assurer la sécurité de Sandra. Pourquoi, un homme dont les antécédents avec la justice sont connus, un homme qui profère à la cantonade des menaces de mort, n’a t il pas été simplement «interdit de séjour» ? Pourquoi, Sandra a-t-elle été ainsi abandonnée à son sort ? Le vice - procureur a lui même reconnu, à la télévision, que l’affaire Sandra Désirée n’avait pas bénéficié de tout le suivi nécessaire. Le meurtre de Sandra met en lumière les dysfonctionnements de la Justice dans un pays colonisé. Qu’on nous comprenne bien, il ne s’agit nullement de lancer ici un anathème destiné à défoncer des portes qui le sont déjà. Comment ne pas dire que la Guadeloupe est encore un pays colonisé ? Il est malheureux de constater que l’appareil judiciaire est franco européen. Les gens qui ont instruit le dossier de Sandra sont pour l’essentiel des étrangers à la réalité sociologique de la Guadeloupe.Ils ne comprennent pas la langue créole et encore moins la psychologie d’hommes comme cet assassin. Il ne s’agit là d’une extrapolation car chaque Cariguadeloupéen sait parfaitement, que Sandra aurait été autrement protégée si elle avait été européenne. Oui, nous affirmons que dans un pays tel que le nôtre, le Cariguadeloupéen est dominé par un système qu’il ne maîtrise pas et qui parfois l’écrase. La justice franco européenne n’est jamais la même pour le Cariguadeloupéen et l’européen résident…En 1983, Charles Henri Salin, un jeune lycéen Cariguadeloupéen, est abattu par «erreur» par un militaire français, dans la banlieue de Pointe-à-Pitre. L’assassin de Salin ne sera jamais inquiété. En juin 96, au cours d’un contrôle de police, un militaire français blesse mortellement un Cariguadeloupéen au volant de son véhicule. Le militaire français sera acquitté. Ces faits, qui ne sont pas isolés, ni hasardeux, sont le quotidien de la justice française en Guadeloupe. Sandra ne souhaitait que vivre et être protégée. L’appareil judiciaire français a été incapable d’assumer ce rôle. Sandra en est morte. |
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